Vous le ressentez peut-être depuis un certain temps—le flot constant de nouvelles, cette lourdeur qui s'installe après avoir scrollé, l'impression que le monde semble particulièrement pesant et incertain en ce moment.
Et pourtant, les soins ne s'arrêtent pas.
Ils ne font pas de pause pour les événements mondiaux. Ils ne prennent pas de congé quand vous êtes submergé par ce que vous voyez ou entendez. La personne dont vous prenez soin a toujours besoin de déjeuner. Elle a toujours besoin de ses médicaments. Elle a toujours besoin d'être rassurée à mesure que différentes situations se présentent durant la journée.
Les soins continuent, jour après jour. Quand le monde semble incertain ou bruyant, ça peut s'ajouter à une charge déjà bien remplie.
Vous portez deux choses à la fois
Vous pouvez vous soucier profondément de ce qui se passe dans le monde et être présent chaque jour pour la personne qui a besoin de vous. Ces deux réalités ne s'annulent pas. Elles coexistent. Et porter les deux en même temps demande de l'énergie.
Mais voici quelque chose d'important : vous n'avez pas à tout porter.
Beaucoup de proches aidants vivent déjà au cœur de leurs propres défis—le deuil anticipé, l'épuisement, le poids quotidien de prendre soin de quelqu'un qu'on aime. Vous n'avez peut-être pas la capacité d'absorber tout ce qui se passe au-delà de votre foyer en ce moment. Et c'est correct.
Vous avez le droit de protéger votre paix. Vous avez le droit de dire à vos amis que vous préférez ne pas entendre les dernières nouvelles. Vous avez le droit de fermer les nouvelles et de vous concentrer sur ce qui est devant vous.
Cette période de votre vie, c'est celle où vous êtes proche aidant. Si vous n'êtes pas aussi engagé dans d'autres choses en ce moment, c'est tout à fait compréhensible.
Les soins ont leur propre rythme
Les nouvelles et les événements autour de nous évoluent par vagues—les manchettes changent, l'attention se déplace. Mais les soins, eux, ne fonctionnent pas en cycles. Ils sont là chaque jour, dans les moments chargés comme dans les moments calmes, que vous vous sentiez prêt ou non.
Et en ce moment, en plein hiver, avec des journées plus courtes et un temps plus froid, les choses peuvent sembler particulièrement lourdes. Janvier et février apportent leur propre forme de cafard—la neige, les tempêtes de verglas, l'impression que le printemps est encore si loin.
Mais les journées rallongent. Petit à petit, il y a plus de lumière. Et même si ça ne règle pas tout, c'est quelque chose à quoi se raccrocher.
Ce que vous pouvez faire pour alléger le fardeau
Vous n'avez pas à regarder les nouvelles. Vous n'avez pas à rester informé de tout ce qui est difficile dans le monde. Votre première responsabilité, c'est envers vous-même et la personne dont vous prenez soin.
Voici quelques rappels bienveillants :
Votre énergie va vers quelque chose de profondément important : être présent pour quelqu'un qui a besoin de vous. C'est suffisant.
Bouger votre corps, même un peu, peut aider. Une courte marche, quelques étirements, sortir prendre l'air—de petits moments de mouvement peuvent apporter du soulagement quand tout semble accablant.
Protéger votre paix, ce n'est pas égoïste. Si scroller les nouvelles vous fait sentir plus mal, vous avez le droit de vous retirer. Si certaines conversations vous épuisent, vous avez le droit d'établir des limites.
Demandez du répit quand vous le pouvez. Le répit, c'est du soulagement—une pause temporaire, un moment pour respirer. Même une heure tranquille peut faire une différence. Vous n'avez pas à tout porter, tout le temps.
Vous avez le droit d'être affecté par ce que vous voyez dans le monde. Vous avez le droit de vous sentir en colère, impuissant, le cœur brisé. Vous avez le droit de pleurer dans l'auto avant de rentrer. Vous avez le droit de sentir que c'est trop.
Et même quand vous n'arrivez pas à être présent comme vous le voudriez, les soins comptent quand même.
Être proche aidant signifie que votre monde a souvent l'air différent de celui des autres. Pendant que les gens autour de vous sont peut-être profondément engagés dans l'actualité, vous êtes peut-être plus concentré sur le fait de savoir si votre proche a mangé aujourd'hui, s'il a bien dormi, ou s'il semblait plus calme qu'hier.
Ce n'est pas de l'indifférence. C'est de la présence. C'est prendre soin.
Ce que vous faites a de l'importance
On n'a pas de réponses simples ou de solutions rapides. On ne peut pas rendre le monde plus calme ou les journées plus faciles. Mais on peut reconnaître tout ce que vous portez en ce moment.
Au milieu de tout ça, une chose demeure vraie : ce que vous faites a de l'importance. Pas parce que vous avez toutes les réponses, mais parce que vous continuez d'être présent de la façon dont vous le pouvez, avec ce que vous avez ce jour-là.
Cette présence constante est peut-être discrète, mais elle a un poids réel.
Ce que vous ressentez est réel
Si vous lisez ceci en pensant « Oui, c'est exactement ce que je ressens », on veut que vous sachiez : vous n'êtes pas le seul. D'autres personnes qui prennent soin d'un proche portent cette même lourdeur. Vous faites partie d'une communauté qui sait ce que ça veut dire de continuer, même quand tout le reste semble incertain.
Et si aujourd'hui vous semble particulièrement difficile, c'est correct. Vous avez le droit d'avoir des journées difficiles. Vous avez le droit de ressentir ce que vous ressentez. Vous avez aussi le droit de prendre soin de vous.
Si vous avez besoin de soutien ou si vous voulez entrer en contact avec d'autres personnes qui comprennent ce que vous vivez, des organismes comme la Société Alzheimer offrent des groupes de soutien et des ressources pour les proches aidants. Être proche aidant n'est jamais facile—mais vous n'avez pas à le faire seul.




Partager:
6 mythes courants sur les troubles cognitifs et pourquoi il est important de les comprendre